La théorie musicale des supercordes

Pour une fois dans cette chronique, je ne vais pas parler de l’album mais du soliste. Parce que je ne suis pas spécialement versé dans le buegrass d’une part, et parce que celui-ci a joué un rôle essentiel dans l’histoire du klezmer contemporain. Andy Statman et Walter Zev Feldman ont pour ainsi dire inventé le terme de ‘’musique klezmer’’. Avant eux, c’est-à-dire avant leur album ‘’Jewish Klezmer Music’’, sorti en 1979, le terme ‘klezmer’ signifiait encore ‘musicien’.

J’en veux pour preuve, le premier album de musique klezmer moderne est le fait d’un groupe californien qui s’était baptisé ‘’The Klezmorim’’ (‘les musiciens’ en yiddish). Et lorsqu’on avait demandé à Max, l’un des frères Epstein, s’il jouait du klezmer, il avait bien failli se mettre en rogne, parce que ce mot impliquait encore pour certains; dans les années 1990!; que cette espèce de musicien était incapable de lire une partition, et enfermé dans les carcans d’une musique folklorique.

Bref, si on parle de musique klezmer aujourd’hui, c’est donc grâce a lui. Andy Statman a toujours bercé dans le bluegrass et la mandoline. Depuis 1980, il a ainsi réalisé plusieurs albums dédié à ce style musical: Flatbush Waltz (1980), Nashville Mornings, New-York Nights (1986), Andy’s Ramble (1994), East Flatbush Blues (2006), Old Brooklyn (2011).  Il ne revient que plus tard à sa passion pour le klezmer et les traditions musicales juives, en particulier avec les répertoires des traditions hassidiques. Il y donc eu, pour citer quelques albums klezmer, après celui que j’ai déjà mentionné plus haut: The Andy Statman Klezmer Orchestra (1992), Klezmer Suite (1994), Klezmer Music: A Marriage of Heaven & Earth (1996), Avodas Ha-levi: Archival Recordings From The 1990’s (2005)

Profitant de la chance que j’avais d’être à New-York, je ne pouvais pas manquer de voir le maitre en action. Au Barbès, un bar de Brooklyn ou dans la petite et néanmoins chaleureuse Synagogue de Charles Street, dans le sud de Manhattan, Andy Statman manifeste sans faiblir un talent presque miraculeux, si l’on voulait jouer avec le fait que les hassidiques accordent à la musique, des vertus spirituelles qui peuvent mener à l’extase. Andy alterne donc, au cours de sa carrière, entre la tradition musicale de ses ancêtres et le folklore américain, saisissant au passage d’autres influences dont il teinte une technique déroutante.

Je vous invite à écouter cet album et vous garantie que les cordes ne seront pas les seules à vibrer.

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Andy Statman: Superstring Theory (Shefa Records)

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