Toyznt Tamen: Un millier de saveurs

Toyznt tamen, qui signifie « Un milliers de saveurs », est un album de chansons yiddish et le premier réalisé par Amanda Seigel, chanteuse, compositrice et actrice, accompagnée pour l’occasion de klezmorim confirmé(e)s.

Composé dans un esprit théâtral, Amanda et ses klezmorim nous transportent ici dans un vaudeville joué à New-York devant les immigrés du début du XXème siècle. L’album est en effet investi d’une fantastique dramaturgie qui qui respecte la célèbre formule de la Poétique d’Aristote, selon lequel un tout est ce qui est composé d’un début d’un milieu et d’une fin. Cela peut paraitre simple, mais il n’est pas si évident qu’un objet d’art respecte, de part en part, la logique de cet enchainement. S’y alternent le tragique avec le comique, des moments profonds, tendre et mélancoliques avec d’autres emprunts de légèreté et de malice qui rapellent celle de Molly Picon. S’y mêlent le blues avec le freylekh agrémentés d’un soupçon récurrent de la psalmodie hassidique.

La partie instrumentale est assurée par les meilleurs klezmorim de New-York, parmi lesquels ceux du Yiddish Art Trio : l’accordéoniste Patrick Farell, le contrebassiste Benjy Fox-Rosen et le clarinettiste Michael Winograd ; auxquels s’ajoutent le violon d’Alicia Svigals, que l’on ne présente plus, et la pianiste Carmen Staaf, jeune et talentueuse jazzwoman (déjà sur l’album Tick-Tock de Fox-Rosen), qui ne révèle pleinement sa présence qu’avec le premier duo, Shteyner. Les musiciens n’hésitent pas à se joindre à la voix protagoniste, notamment dans Dus Trinken Lid et Esters Lid

On appréciera de plus le design old school de la pochette, réalisé par Avia Moore, plus connue pour être l’une des seules spécialistes des danses yiddish traditionnelles, ainsi que le fascicule de 28 pages contenant les paroles de ces chansons d’amour et leur traduction en anglais. D’autant que la plupart sont des compositions originales, à l’exception de quelques classiques comme Di mame iz gegangen in Mark Arein, renommée ici A meydele fin Poyln.

Douze chansons pour mille saveurs, c’est toute l’histoire du yiddish américain. Il était temps que les nostalgiques de la Béssarabie puissent faire le trajet inverse.

https://amks.wordpress.com/

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